Affaire Mohamed Ghannouchi : juger le passé, fragiliser le droit 03.04.2026

Mohamed Ghannouchi, ancien Premier ministre sous Zine El Abidine Ben Ali, comparaît le 2 avril 2026 devant la chambre criminelle spécialisée dans les affaires de corruption financière à Tunis. Cette décision, prise par la Cour d'appel de Tunis, concerne des soupçons de corruption administrative et financière datant de plus de quinze ans, notamment liés à des opérations immobilières impliquant le ministère de la Jeunesse et des Sports. L'affaire suscite une fracture dans l'opinion publique, certains y voyant une démonstration de l'État qui ne ménage personne, tandis que d'autres la considèrent comme une manœuvre du pouvoir pour détourner l'attention de ses propres impasses en réactivant des dossiers anciens. Le calendrier de cette comparution, survenant au lendemain du refus par la justice française d'extrader Halima Ben Ali, soulève des questions sur le respect des principes juridiques, notamment la prescription, et sur l'instrumentalisation potentielle de la justice.














