Cinquante ans après le coup d'État militaire argentin du 24 mars 1976, l'ancienne École de mécanique de la marine (ESMA) à Buenos Aires, aujourd'hui un espace de mémoire, témoigne des atrocités commises durant la dictature (1976-1983). Guillermo Amarilla Molfino, guide, décrit aux lycéens les conditions inhumaines des prisonniers, incluant les tortures dans le sous-sol et les "vols de la mort" où des détenus étaient jetés vivants des avions dans l'estuaire de La Plata ou l'océan Atlantique. Ce vaste complexe de 17 hectares, qui abritait à la fois l'appareil répressif et la formation militaire, est devenu un lieu symbolique des "années de plomb" argentines. Il est désormais au centre des politiques de mémoire pionnières du pays, mais fait face à un travail de sape de la part du gouvernement ultralibéral de Javier Milei, en place depuis 2023.