La défaite électorale de Viktor Orbán en Hongrie après seize ans de pouvoir marque un tournant pour l'Europe et l'extrême droite, analyse Sylvain Kahn, historien à Sciences Po. Bien que ce revers soit un coup dur pour Orbán, figure centrale et théoricien de la "démocratie illibérale", sa défaite ne sonne pas la fin du populisme européen, car des dynamiques nationales et des partis radicalisés subsistent. Le vote contre Orbán s'explique principalement par des facteurs internes tels que l'inflation, la stagnation des salaires et un rejet d'un système clientéliste, plutôt que par une influence directe de politiques étrangères comme celle de Donald Trump. La principale conséquence pour l'UE est la fin du rôle de blocage systématique de la Hongrie, rendant le fonctionnement européen plus fluide, notamment sur l'aide à l'Ukraine, bien que les partis d'extrême droite européens observeront attentivement les leçons à tirer de cette défaite.