Le professeur Meïssa Diakhaté, chercheur à l'université Cheikh Anta Diop de Dakar, analyse le régime politique sénégalais comme un "patchwork institutionnel" conférant au Président de la République un pouvoir prédominant sur l'Assemblée nationale. Ce système, hérité de la crise de 1962 et renforcé par la réforme constitutionnelle de 1963, s'éloigne du parlementarisme classique pour un présidentialisme accentué, rendant illusoire une cohabitation effective. Diakhaté souligne l'asymétrie des pouvoirs : le Président peut dissoudre l'Assemblée sous certaines conditions, tandis que le Parlement n'a aucun moyen similaire pour démettre le Président. De plus, la motion de censure est inefficace, le Président pouvant reconduire le même gouvernement. Le contrôle parlementaire est également entravé par le règlement intérieur de l'Assemblée, qui soumet les auditions à l'aval de l'exécutif, transformant une prérogative en une faveur.